
Nous sommes sur Paris de toute façon au moins pour 6 à 7 ans, ce qui est long et qui peut passer très vite en même temps.
De mon côté, je me suis rendue à l'évidence que je n'arrivais pas à investir mon avenir ici, à Paris. Quand j'ai commencer à construire ce projet, il n'y avait pas mon Il, il n'y avait pas ma merveille. Si leur arrivée dans ma vie à précipité les choses, elle en a aussi changé la teneur. Or depuis quatre ans, je ne me suis jamais reposée véritablement la question de mon projet de vie, me laissant vivre au jour le jour les évènements. Jusqu'à ce que la frustration ne vienne gâcher ces jours. Mais bien obligé de constater que le fait de devenir maman a changé ma vie considérablement et donc la vision de mon avenir professionnel, sans que j'arrive bien à le définir.
J'ai une petite litanie dans ma tête : " je ne veux pas faire ma vie ici". Pourquoi ? Plusieurs choses, certaine anecdotique comme le climat de m***, d'autres plus profondes comme de n'avoir pas les moyens (argent) de profiter du choix culturelle qui s'offre, je suis toujours celle qui bade derrière la vitrine. Professionnellement, nous sommes tellement nombreux, que la concurrence est au delà de l'imaginable. Je me sens écrasée par la tâche, par la foule, par les obstacles. Mais tout cela je le savais dès le début. Quand j'ai envisagé de remonter sur Paris, j'étais en train de faire le deuil d'être maman, je me disais alors que mon bonheur serait donc mon métier, que je devais tout tenter, pour aller le plus loin possible (donc pas à Nice). N'ayant plus que ça, les obstacles devenaient surmontables, j'allais y consacrer TOUTE mon énergie. Maintenant que je suis maman, ma priorité c'est de nouveau, une "qualité de vie" qu'on ne peut pas trouver à Paris, cette sorte de douceur de vivre qui me manque tant ici.
Je me suis répétée depuis quatre ans que je suis là que ça ne tenait qu'à moi, ne comprenant pas pourquoi j'étais prise dans cette inertie. Je me suis mise en colère contre moi, beaucoup pour essayer de me secouer les puces, beaucoup d'énergie dispersée pour des mouvements minuscules, pour des résultats maigres. Je n'ai pas rien fait de ces quatre ans, j'ai écrit et mis en scène une pièce qui s'est jouée ... quatre fois à Nice. J'ai terminé mon roman. J'ai rencontré deux personnes avec qui je vais travailler en tant que comédienne. De cet avenir proche, j'ignore bien sur les conséquences, mais je ne me berce pas de fol espoir. Je ne sais pas combien de fois se jouera ce spectacle, ni ou, ni dans quelles conditions, ni s'il débouchera sur d'autres contacts. C'est possible que oui, mais c'est possible que non aussi. Alors ça ne change pas grand chose pour l'instant, ça a au moins le mérite d'être ce qui est déjà bien. Mais en vrai, mon énergie je l'ai essentiellement tournée vers ma fille, et je ne regrette rien, et je ne suis pas prête à faire différemment. Il faut juste que je trouve un nouvel équilibre qui me permette de lui consacrer la même énergie tout en trouvant des solutions pour ne pas être frustrées par ailleurs. Une meilleure organisation avec surtout un objectif qui me convienne mieux
Alors avec mon Il, nous avons discuté d'un projet de vie à long terme. Si nous prenons la décision de partir effectivement dans disons 7 ans, mon Il sera à la retraite, ma belle fille aura une vingtaine d'année, nous serons libre alors de vivre ou cela nous convient. Si notre destination est choisie avant, je peux investir professionnellement dans cette région bien avant notre installation. Chercher les contacts la bas, tenter de faire jouer les spectacles la bas etc ... Ce qui fait que je n'aurai pas ce sentiment de construire à Paris pour devoir tout quitter dans 7 ans et tout recommencer. Et le fait de savoir que nous pouvons quitter Paris, même si ce n'est que dans 7 ans, c'est fou, je respire à nouveau.
La question évidement qui suit c'est "où ?" Dans nos critères de choix il y a : un accès facile depuis Paris pour me permettre d'être sur les deux endroits, pas trop loin de la mer, une ville qui soit vivante culturellement.
Pour l'instant et parce que mon Il a vécu dans cette région pendant quelques années, nous pensons à Nantes. Mais je ne connais pas du tout et surtout, je n'y connais personne. Alors si parmi mes lecteurs, il y en a qui connaissent cette ville, qui y vivent, qu'ils n'hésitent pas à se manifester, je prends toutes les infos. Nous irons y faire un tour l'été prochain. Et puis j'ai le temps hein, 7 ans, pour mettre en place un projet plus précis et une organisation qui l'accompagne.

