Ouverture
Par Luciole le mardi 27 novembre 2007, 11:05 - commun des mortels - Lien permanent
Conjoncture, conjecture, moral en berne, il court, il court, le commun des mortels, derrière son pouvoir d'achat, pouvoir déchets, pouvoir déchu. Je regarde mon téléviseur. Suis je si vieux déjà, rangé définitivement dans la catégorie vieux cons ? Suis je seul, tout seul à halluciner sur la somme de bêtises, pire encore, sur le discours unique qui nous ferait presque croire, qui cherche à nous faire croire que c'est vérité. J'apprends ainsi que j'en ai marre de la grève et de ces fainéants de preneur d'otage, minoritaires, minus et taire. J'apprends que je suis angoissé à propos de mon pouvoir d'achat etc. C'est sans doute que je me connais mal, ou plutôt suis je si seul, quantité négligeable, négligé, que je disparais. Je ferme mon téléviseur, petite fenêtre déformante sur le monde, fenêtre que j'ouvre régulièrement comme on prend un bain de foule, une prise de conscience nécessaire que c'est cela qu'entende mes concitoyens, mes frères de fraternité, mes égaux de égalité, mais libérés de liberté.
Alors dans ce besoin soudain de me retrouver tel que je me connais, tel que j'ai appris à m'aimer , j'ouvre cette autre fenêtre. Celle là, au moins, se déforme selon mon regard. Je cherche un autre bain, celui d'une humanité. Peut être vais je découvrir que je ne suis pas seul, peut être sommes nous une multitude
Commun des mortels
Commentaires
Des malins et des malignes ont su dénicher le stratagème. Mais c'était bien joué, j'aurais pu écrire
presquepareil, en y croyant vraiment.Maintenant je vais surveiller les alentours.
Nous sommes une multitude, les vieux cons qui ne sont pas dans le rang, et qui se demandent comment faire pour qu'on les voit. Parce que, en plus, il faut qu'on nous voit.
Complément.
Bon, on devine parfois des choses auxquelles on ne veut pas croire, et on accuse son esprit d'être mal tourné. La lecture assidue d'Akynou depuis plusieurs mois laissait transparaître un petit clignotant, tout discret, dans un coin, dans un mot juste égaré dans la phrase, voulu ou invoulu. Facile à dire, avec l'éclairage du temps passé.
Quoi que je puisse ressentir, il est difficile de dire les mots qu'il faut, difficulté vénielle; le plus difficile est pour Akynou, du quotidien et des mots à trouver, mais elle seule peut les trouver. Il lui sera plus facile de trouver ces mots si elle sait qu'autour d'elle, pour de vrai même si écran, nombreux sont ceux qui les attendent pour les recevoir en silence.
J'essaie d'être de ce cercle, qui écoute. Sans toujours comprendre, parce que je suis un peu con, parfois.
Andrem 1 : Je reconnais que pour le personnage tu as fait parti des sources d'inspiration ;-)). Il reviendra s'exprimer ici le "commun des mortels", je l'aime bien ce mec. Je lui ai même créé une catégorie rien que pour lui... Qui a dit schizophrène ?
Andrem 1 : Elle sert à ça aussi cette fenêtre, être vu, être entendu dans ces moments là, sortir de l'ombre et de la honte, et recevoir ces élans d'humanités, solidaires même solitaires ...
andrem, nous sommes une vraie multitude dans laquelle il y a les quinqu'àl'index.
En lisant ton texte Luciole, j'ai tout de suite pensé à Andrem. Alors, contente de savoir que je ne me suis pas trop trompée. Sincèrement, heureuse de ton faux départ et non, je ne rirais pas ! Trop contente de te retrouver.
Bises à tes zamours...
Et... bientôt le 30 je crois
Quel talent ! Tu arrives à te faire passer pour Andrem ! Chapeau bas, Luciole. bien contente que tu gardes ce personnage. Pour notre plaisir.