Conjoncture, conjecture, moral en berne, il court, il court, le commun des mortels, derrière son pouvoir d'achat, pouvoir déchets, pouvoir déchu. Je regarde mon téléviseur. Suis je si vieux déjà, rangé définitivement dans la catégorie vieux cons ? Suis je seul, tout seul à halluciner sur la somme de bêtises, pire encore, sur le discours unique qui nous ferait presque croire, qui cherche à nous faire croire que c'est vérité. J'apprends ainsi que j'en ai marre de la grève et de ces fainéants de preneur d'otage, minoritaires, minus et taire. J'apprends que je suis angoissé à propos de mon pouvoir d'achat etc. C'est sans doute que je me connais mal, ou plutôt suis je si seul, quantité négligeable, négligé, que je disparais. Je ferme mon téléviseur, petite fenêtre déformante sur le monde, fenêtre que j'ouvre régulièrement comme on prend un bain de foule, une prise de conscience nécessaire que c'est cela qu'entende mes concitoyens, mes frères de fraternité, mes égaux de égalité, mais libérés de liberté.

Alors dans ce besoin soudain de me retrouver tel que je me connais, tel que j'ai appris à m'aimer , j'ouvre cette autre fenêtre. Celle là, au moins, se déforme selon mon regard. Je cherche un autre bain, celui d'une humanité. Peut être vais je découvrir que je ne suis pas seul, peut être sommes nous une multitude

Commun des mortels